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Associé Carbone 4 – Président The Shift Project

Vous n’avez pas aimé la canicule ? Alors voici quelques petites réflexions d’après-boire qui en sont dérivées.

1 – Tant que les émissions mondiales ne seront pas nulles, le climat continuera de se réchauffer. Avec des émissions en croissance, ce n’était qu’une question de temps avant que la canicule de 2003 ne soit détrônée, et, tant que les émissions ne sont pas nulles, ce n’est qu’une question de temps avant que celle de 2026 ne soit détrônée.

2 – S’adapter ne signifie pas tout conserver dans un climat qui se dérègle. Cela signifie consacrer des moyens significatifs – qui par la force des choses ne pourront pas être consacrés à autre chose, il faut l’accepter – à essayer de sauver une partie de ce que nous avons encore.

3 – Ces moyens devront être alloués avant que la situation ne soit ingérable. Après, il est trop tard. Et le côté ingérable viendra de la juxtaposition des crises (les cygnes noirs). Un exemple de cygne noir ? Un « épisode espagnol » (un réseau électrique trop instable qui saute dans tout le pays) pile en période de canicule…

4 – Ce qui précède n’aura pas lieu si les media & réseaux sociaux « passent à autre chose » sitôt la canicule terminée. C’est toute l’année qu’il faut parler d’adaptation si on veut avoir une chance que l’action collective se mette en route. Et cela signifie que la population doit s’y intéresser toute l’année aussi.

5 – S’adapter n’est pas être capable de faire face à ce qui vient de se passer. C’est être capable de faire face à bien pire, puisque le climat continue de dériver. Par ailleurs les moyens dont nous disposons aujourd’hui grâce à l’énergie abondante ne seront peut-être plus là demain. Le temps joue contre nous et toute procrastination se paie un jour.

6 – Il faut en parallèle tout faire pour que les émissions mondiales baissent le plus vite possible, pour essayer de contenir le problème le plus possible. Plus le problème augmente, plus l’adaptation consistera à consacrer beaucoup de moyens en urgence sans nécessairement beaucoup de résultats.

7 – Faire baisser les émissions signifiera aussi consacrer des moyens significatifs – non disponibles pour autre chose – à faire autrement, mais pas faire plus. C’est bien la raison pour laquelle nous trainons tant les pieds. Mais comme « la croissance » consiste à manger à vitesse accélérée le capital naturel, sa recherche amène hélas « la décroissance » par défaut de capital naturel (et non, l’IA ne remplacera ni les cultures ni la pluie ni les espèces vivantes !).

8 – Il n’y a ni solution simple ni solution rapide à ce qui est évoqué ci-dessus, parce que les combustibles fossiles ont forgé notre quotidien. Il va falloir « tenir la distance » et ne pas perdre l’objectif de vue dans un contexte de plus en plus remuant.

Espérons que cette canicule fera comprendre que le monde physique dans lequel nous vivons conditionne l’existence de l’économie et des sociétés stables. S’en occuper bien mieux n’est donc pas un luxe, mais une nécessité.